Petit traité pour des repas d'été libérés
En vacances, on oublie tout. La liste de courses minutieuse, le menu en trois actes, les dîners à heure fixe... Tout cela appartient au quotidien. En été, on préfère être libres comme l'air. Libres de troquer le dessert du déjeuner contre une glace au goûter, de grignoter en rentrant de la plage et de retarder le dîner. La liberté a un goût iodé, et elle tient en 6 règles.
1. Oublier le menu en trois actes
Le meilleur des tables d'été ? Découvrir la nappe à motifs provençaux recouverte de tout un repas : des salades composées, des grillades tout juste cuites au barbecue, des boîtes de Sardines fraîchement ouvertes, des bols de biscuits apéritifs déjà entamés, des morceaux de fromages rapidement déballés. Arrivés sur la table au même moment, avant de sonner l'alerte : "C'est prêt !" Et le bonheur non dissimulé, entre deux bouchées, de penser uniquement à ce qu'il se passe dans l'assiette, et rien d'autre.
2. Manger à même la boîte
Audace ! Les boîtes de Maquereaux et autres poissons conservés font partie des invités. Fini le temps où elles restaient cachées en cuisine, à l'abri des regards. Elles affichent fièrement leurs formes colorées à l'heure de manger. Chacun part à la pêche à celle qui lui fait de l'œil, et plonge allègrement sa fourchette dedans. Pas besoin de présentation 5 étoiles, la qualité se joue dans la première bouchée, puis la deuxième, et la suivante. Jusqu'à voir le fond briller, attraper un morceau de pain et saucer.
3. Grignoter à l'envie
En vacances, nous attrapons dans nos filets le moindre moment propice à grignoter. Dès la table du petit déjeuner, quand les lève-tôt retrouvent les grasses matinées pour une deuxième tournée. Entre deux stands au marché, sous l'œil gouailleur des marchands bien lunés. En rangeant les courses, car il y a toujours une tomate cerise qui glisse du sachet. En préparant une assiette de crustacés, parce que c'est si tentant de lécher la cuillère de Mayoz'algues, avant de la délaisser dans l'évier. Pendant une séance de lecture à l'ombre d'un parasol, quand grignoter n'est ni un goûter, ni un apéro.
4. Goûter le sucré et le salé
Une glace pour le goûter. Réclamée par les enfants, secrètement attendue par les parents. Il y en a pour tous les goûts, même la génération rhum-raisin. Personne ne juge. Reste sur le carreau, celui ou celle qui accompagne la tribu chez le glacier, les mains dans les poches. Qui n'est pas "trop sucré". Et qui devra attendre patiemment le retour à la maison, pour trouver son réconfort dans un reste de tartinable de poisson étalé sur une tranche de pain. La page du goûter est officiellement refermée, pour toute la maisonnée.
5. Ne servir personne
Les invités n'ont qu'à bien se tenir, l'hôte ne prendra pas son service ce soir. Une fois le soleil couché, l'apéritif dînatoire devient une joyeuse comédie où chacun joue son propre rôle. Et ce, en toute autonomie. N'attendons pas que l'on vienne nous servir sur un plateau d'argent, notre imagination est libre de s'exprimer : du Thon émietté sur un blinis, du Confit d'oignons sur un morceau de fromage, un bâtonnet de concombre plongé dans une Sardinade, un gressin dans un Houmous aux algues. De toute façon, on n'est jamais mieux servi que par soi-même, non ?
6. Ne suivre aucune règle
Parce qu'en vacances, nous n'avons pas besoin de contraintes, nous avons envie de moments : ces petits riens qu'on ne vit qu'une fois l'été arrivé. Une boîte de sardines ouverte à l'apéro, qui traîne sur la table jusqu'au dessert. Un déjeuner improvisé, composé avec ce qu'on a glané au marché. Un dîner qui commence quand le soleil se couche enfin. Une assiette qui ne ressemble à aucune autre.
Et si c'était ça, le goût de la liberté ?